Identité > Principes fondateurs
Vers la fin des années 1960, le gouvernement du Manitoba
a décidé de légiférer en matière d'assurance automobile pour combler le manque
apparent de garantie adéquate et abordable que ne pouvait combler le secteur
privé. C'est ainsi que la Société d'assurance publique du Manitoba est née,
une société de la Couronne fournissant une assurance automobile de base obligatoire.
La décision de légiférer a été prise à la suite de recommandations issues
d'un groupe de travail établi par le gouvernement pour étudier le secteur
de l'assurance automobile dans la province. L'étude a permis de recenser les
problèmes suivants relativement au système d'assurance automobile :
- L'assurance automobile n'était pas
obligatoire. Au moins 10 % des véhicules dans le réseau routier n'étaient
pas assurées.
- Les compagnies d'assurance refusaient
d'offrir des garanties à certaines personnes. Ces personnes pouvaient verser
25 $ dans un compte spécial pour couvrir une demande indemnisation
des dommages qu'elles pourraient causer, mais elles devraient repayer le
plein montant.
- Il y avait d'énormes lacunes dans les
garanties. Par exemple, à moins de prouver qu'il y avait eu négligence grave
ou inconduite délibérée ou insouciante de la part du conducteur, les passagers
impliqués dans un accident qui avaient choisi de ne pas s'assurer ou dont
la prime d'assurance était en souffrance ne recevaient aucune indemnisation.
- Les primes d'assurances au Manitoba
correspondaient autant au coût d'indemnisation manitobain qu'à celui de
tout le Canada. De plus, la cotation était compliquée et imprécise, pouvant
être déterminée arbitrairement par les assureurs privés.
- Selon le rapport d'audience, la satisfaction
des titulaires de police et des personnes faisant une demande d'indemnisation
n'était pas très élevée et la majeure partie du public n'était pas au courant
de ses droits fondamentaux, de ses devoirs ni de ses obligations.
- Le rapport fait aussi état d'assureurs
qui, plutôt que de régler les demandes d'indemnisation en fonction des pertes
subies par les assurés, employaient des manouvres pour réduire leurs coûts
éventuels.
Six recommandations principales sont issues
du groupe de travail visant à rendre le système d'assurance automobile au
Manitoba plus équitable, notamment :
- Concevoir un régime d'assurance dans
lequel aux moins 85 cents de chaque dollar de prime reviendraient aux titulaires
de police sous la forme d'indemnisation ou de prestation, à la différence
du secteur privé dans lequel le taux était d'environ 67 cents pour chaque
dollar. De façon générale, cette formule est considérée comme la plus efficace
par les assureurs d'automobiles, car elle s'applique sans que l'on ait à
tenir compte des différences entre les divers systèmes d'assurance et de
protection.
- Collecter les primes d'assurances au
comptant au moment de l'immatriculation du véhicule ou de la délivrance
du permis de conduire. Ces fonds seraient investis avec la réserve consacrée aux
demandes d'indemnisation éventuelles et deviendraient un revenu de placement,
ainsi qu'un revenu additionnel. De plus, investis principalement au Manitoba
sous la forme d'obligations avec ou sans constitution de gage, ces fonds
seraient mis à la disposition des gouvernements locaux, des universités,
des écoles et des hôpitaux, et ils constitueraient un rendement de placement
garanti pour le fonds d'assurance.
- Pour les raisons suivantes, gérer
le régime au moyen d'un organisme gouvernemental :
- Il y aurait de l'uniformité dans
la protection offerte, ainsi que dans l'interprétation et l'application
du régime.
- On éviterait la duplication des
frais administratifs.
- Le régime pourrait être amélioré
plus facilement s'il était administré par un organisme unique. De
plus, un organisme gouvernemental serait sensible aux besoins du public
et réceptif à son égard.
- Rendre le régime obligatoire et, par
le fait même, donner à tous une garantie de protection. Aucun automobiliste
ne serait exclu de souscrire une assurance pour son véhicule à condition
qu'il puisse l'immatriculer aux fins d'usage routier. De plus, toute personne
blessée dans un accident impliquant un véhicule automobile serait indemnisée.
Le groupe de travail prévoyait aussi qu'un gouvernement qui se lancerait
dans le domaine de l'assurance voudrait nécessairement maintenir les coûts
d'assurance à leur plus bas. Il serait plus enclin à jouer un rôle important
relativement à la sécurité routière et légiférerait davantage en cette matière.
- Minimiser les inconvénients du processus
de demande d'indemnisation. Des points de services seraient établis dans
les grandes agglomérations pour fournir un service d'évaluation de qualité
et une expertise efficace.
- Fournir une limite raisonnable de protection
de base. Une protection plus étendue serait disponible des assureurs du
secteur privé dans la mesure où ils voudraient s'y engager.
Société d'assurance publique du Manitoba a été
mise à exécution en 1971 afin de fournir une protection d'assurance obligatoire
de base sous le régime que l'on a nommé Autopac. Devaient être assurés à la
fois les véhicules et les conducteurs. L'assurance était souscrite au moment
de l'immatriculation de sorte que l'une n'était pas disponible sans l'autre.
Cette formule a réduit sensiblement la possibilité qu'il y ait des véhicules
et des conducteurs non assurés sur les routes. Elle a permis aussi de rationaliser
les coûts administratifs et de diminuer les inconvénients en réunissant en
une seule étape l'immatriculation et l'assurance, deux opérations que les
clients devaient auparavant effectuer séparément. En plus de fournir l'assurance
obligatoire nécessaire à la conduite légale d'un véhicule, la Société d'assurance
publique offre deux types de protection optionnelle en concurrence avec le
secteur privé, soit les garanties facultatives Autopac et les Services de
garanties supplémentaires pour risques spéciaux.
Trente ans plus tard, la Société d'assurance publique continue d'effectuer
ses opérations en conformité avec sa mission, ses valeurs et ses principes
fondateurs. Depuis le premier jour, elle rend compte de ses actions et le
client reste sa priorité.